Un roi qui n’a jamais vraiment régné. Une fourmi géante devenue l’une des ombres les plus redoutées de Sung Jinwoo.
Beru cumule les paradoxes, et c’est précisément ce qui en fait un personnage si marquant dans l’univers du manhwa de Chugong.
Qui est Beru dans Solo Leveling?
Beru est le boss final du donjon de rang S situé sur l’île de Jeju, en Corée du Sud. Il est né d’un œuf pondu par la reine des fourmis, qui dépensa la moitié de sa puissance magique pour le créer.
Ce sacrifice explique d’emblée pourquoi Beru surpasse de loin les autres fourmis du donjon : il concentre une quantité d’énergie magique hors norme dès sa naissance.
Avant de tomber face à Jinwoo, Beru avait semé une véritable catastrophe.
Il est directement responsable de la mort de 16 chasseurs de rang S, dont Goto Ryuji, Grand Maître de la guilde Draw Sword au Japon – l’un des combattants les plus puissants du monde dans la fiction.
Ce bilan donne une mesure concrète de ce qu’il représentait comme menace. Chugong, l’auteur de Solo Leveling, a précisé en interview que Beru n’était pas un vrai roi au sens politique du terme.
Il était en réalité un guerrier d’élite de très haut rang, une sorte de général ou de champion, que sa puissance brute avait hissé au sommet de la colonie sans qu’il soit pour autant un monarque légitime.
Ce détail, souvent ignoré par les lecteurs, change la lecture de son personnage : Beru est avant tout un combattant né, pas un souverain.
Origine du nom Beru et clin d’œil à Bernard Werber

Le nom Beru n’est pas choisi au hasard. Il rend directement hommage à Bernard Werber, l’auteur français de la trilogie Les Fourmis, publiée à partir de 1991.
Ce roman est devenu un vrai phénomène en Corée du Sud dès 1993, où il s’est vendu à des millions d’exemplaires. Chugong a grandi avec cette référence, et le nom de son Roi Fourmi en porte la trace.
Dans le manhwa, c’est au chapitre 106 que la scène de nomination prend place. Jinwoo, après avoir prononcé « Arise » sur le cadavre du Roi Fourmi, lui demande son nom.
Comme la créature n’en possède pas, c’est Jinwoo lui-même qui choisit « Beru ». C’est un moment fort, presque intime, qui ancre le personnage dans l’univers des ombres avec une identité propre.
Cette scène a été retirée de l’adaptation animée, ce qui constitue l’une des différences les plus regrettées par les fans du webtoon original.
À quel épisode et quel chapitre apparaît Beru?
Pour les lecteurs du webtoon, Beru fait son entrée au chapitre 105. C’est là que le combat contre le Roi Fourmi atteint son point culminant et que Jinwoo le vainc avant de l’incorporer à son armée.
Dans l’anime, il faut attendre l’épisode 25, soit l’épisode 13 de la saison 2. La saison 2 a été diffusée au Japon du 4 janvier au 29 mars 2025, pour un total de 13 épisodes.
C’est dans ce dernier épisode que retentit le célèbre « Arise » de Jinwoo sur le cadavre du Roi Fourmi – une scène que les spectateurs ayant suivi la série depuis la saison 1 attendaient avec impatience.
Si vous suivez l’anime sans avoir lu le manhwa, ce moment marque un tournant dans la composition de l’armée des ombres.
Beru ne sera plus jamais un ennemi : il devient l’atout offensif majeur de Jinwoo pour la suite des événements.
Comment Beru fait-il pour être aussi fort?

La réponse tient en un mot : Gluttony. Cette aptitude lui permet d’absorber les compétences, les connaissances et les souvenirs de chaque être qu’il consomme.
C’est un pouvoir cumulatif, qui fait de Beru une sorte de bibliothèque vivante de capacités de combat.
L’exemple le plus parlant reste celui de Min Byung Gyu, un chasseur de rang S aux capacités de soin exceptionnelles.
Après l’avoir consommé, Beru hérite non seulement de ses techniques de guérison, mais aussi de ses souvenirs – et, détail crucial, de sa maîtrise du langage humain.
C’est littéralement ainsi que Beru apprend à parler. Ce moment donne une dimension presque troublante au personnage : derrière la fourmi géante se cachent les vestiges de dizaines d’êtres absorbés.
Ses capacités au combat couvrent un spectre large :
- Soins avancés – il peut stabiliser des blessures mortelles, comme il le fait pour Jinho dans la série
- Vol à grande vitesse, qui lui donne une mobilité que peu d’adversaires peuvent suivre
- Manipulation de sa propre taille, passant d’un format compact à une masse imposante selon le contexte
- Crachat de poison paralysant d’origine magique, capable de tuer une cible en quelques secondes
- Résistance et régénération importantes, renforcées par ses capacités de guérison héritées
Cette combinaison fait de Beru un combattant quasi-autonome : il peut attaquer, encaisser et se soigner dans le même engagement.
Pour les autres ombres de l’armée, c’est aussi un atout collectif – Beru peut maintenir les soldats de Jinwoo opérationnels lors des batailles prolongées.
Qui est le plus fort, Igris ou Beru?
C’est l’une des questions les plus débattues dans la communauté Solo Leveling. La réponse est tranchée dans le canon : Beru surpasse Igris en puissance brute.
Le Système lui a accordé le grade de Maréchal, le rang le plus élevé qu’une ombre puisse atteindre. Igris, malgré son statut de première ombre et son rôle symbolique central, occupe un grade inférieur.
Cela dit, la comparaison mérite d’être nuancée. Igris et Beru ne remplissent pas les mêmes fonctions. Igris est une ombre de type chevalier, taillée pour le combat au corps à corps avec une discipline martiale irréprochable.
Beru est plus proche d’une unité d’assaut polyvalente – moins technique, mais plus brutale et plus imprévisible. Dans l’ensemble de la hiérarchie, seul Bellion dépasse Beru, ce qui place le Roi Fourmi au deuxième rang des ombres les plus puissantes de l’armée de Jinwoo.
Pour les fans qui apprécient les personnages définis par leur puissance brute – comme on peut en trouver dans un seinen centré sur la violence et la hiérarchie du pouvoir – Beru coche toutes les cases.
Il combine le chiffre d’élite à une personnalité qui gagne en profondeur au fil des arcs.
Beru est-il plus fort que Jinwoo?

Non. Et la marge est considérable. Beru est la deuxième ombre la plus puissante de l’armée, mais il reste fondamentalement subordonné à Sung Jinwoo, dont la puissance de Monarque opère sur une échelle différente.
Jinwoo n’est pas simplement un chasseur très fort : il détient la puissance d’un Monarque des ombres, une entité cosmique dans la logique de Solo Leveling. Ses ombres, aussi redoutables soient-elles, ne sont que des extensions de sa volonté.
Beru en est parfaitement conscient – et cette loyauté n’a rien de forcé : elle découle directement du lien d’invocation qui les unit.
Ce rapport maître-ombre rappelle d’autres dynamiques qu’on retrouve dans le shonen ou le seinen, où un personnage secondaire d’une puissance écrasante reste en retrait par déférence ou par code.
Beru incarne cette figure du lieutenant absolu : capable de dévaster seul des armées entières, mais qui choisit de marcher derrière son maître. C’est ce qui le distingue d’un simple boss de donjon recyclé en allié.
Anime vs manhwa : ce que l’adaptation change pour Beru
La différence la plus marquante reste la scène de nomination du chapitre 106. Dans le manhwa, Jinwoo prend le temps d’interagir avec l’ombre fraîchement invoquée et lui donne le nom « Beru » en hommage à Bernard Werber.
Dans l’anime, cette séquence a été coupée. Le personnage apparaît directement avec son nom, sans que le spectateur comprenne d’où il vient. Pour quelqu’un qui découvre Solo Leveling uniquement par l’anime, le clin d’œil littéraire passe complètement inaperçu.
Sur le plan visuel, le combat de l’île de Jeju bénéficie d’une animation soignée, fidèle à l’intensité du manhwa. Les équipes du studio A-1 Pictures ont rendu justice à la démesure de l’affrontement.
En revanche, certains fans regrettent que la psychologie de Beru – ses réactions, ses micro-expressions – soit moins développée dans l’anime que dans le webtoon original.
Concernant les voix, Akira Ishida prête sa voix à Beru en japonais – un choix qui a reçu un accueil très positif, compte tenu de sa capacité à jouer des personnages à la fois imposants et nuancés.
En anglais, c’est Jason Liebrecht qui assure le doublage. Deux interprétations différentes, mais les deux rendent la dualité du personnage – autorité brute et loyauté absolue – de manière convaincante.
Beru dans Solo Leveling Ragnarok et Arise : quelle place pour le Maréchal?
Dans Solo Leveling Ragnarok, le manhwa qui fait suite à la série originale et suit Suho Sung, le fils de Jinwoo, Beru occupe un rôle secondaire mais chargé de sens.
Il apparaît comme un héritage direct de l’armée des ombres bâtie par Jinwoo – une figure qui porte la mémoire du Monarque disparu.
Son statut de Maréchal lui confère une autorité naturelle dans ce nouveau contexte, même si ce n’est plus lui qui tient le devant de la scène.
Dans le jeu mobile Solo Leveling Arise, Beru est jouable en tant qu’unité à part entière. Il y est présenté avec ses attributs canoniques – Gluttony, soins, poison – et bénéficie d’animations qui reprennent fidèlement son design du manhwa.
Dans la méta du jeu, il figure parmi les unités les plus recherchées pour sa polyvalence : capable de sustain et de dégâts, il convient à plusieurs types de compositions.
Les joueurs qui l’ont débloqué soulignent que sa présence change réellement le confort en contenu difficile.
Que ce soit dans la suite narrative ou dans le jeu, Beru garde cette double identité – la fourmi née dans la violence de Jeju, devenue le bras armé le plus fiable d’un homme qui a redéfini les règles du pouvoir.
Comme Végéto dans Dragon Ball, il y a dans Beru cette idée d’un être dont la nature de combattant prime sur tout, mais qui choisit finalement à qui il appartient. Ce n’est pas anodin dans un récit où la force seule ne suffit jamais vraiment.
Et si vous cherchez d’autres personnages définis par leur rapport complexe à la loyauté et au pouvoir, Mitsuki dans Boruto offre une variation intéressante sur ce même archétype du serviteur volontaire dont la puissance dépasse l’entendement.
Beru reste, des mois après la fin de la série, le personnage dont les fans parlent le plus quand il s’agit d’évoquer l’armée des ombres. Pas parce qu’il est le plus ancien, ni le plus symbolique – mais parce qu’il est le seul à avoir appris à parler en mangeant un homme, et à en avoir fait une force.