
Depuis plusieurs années, une question persiste dans les médias internationaux : pourquoi la population japonaise semble-t-elle de moins en moins engagée dans des relations intimes ? Une vaste étude récente sur le comportement sexuel au Japon révèle des données surprenantes, confirmant que le manque d’intimité est en passe de devenir la norme, aussi bien chez les jeunes que chez les adultes. Et oui, le phénomène de l’anime n’est pas étranger à cette équation complexe.
Des chiffres alarmants : La normalisation de l’abstinence au Japon
L’étude approfondie, qui a passé en revue 43 enquêtes menées entre 1974 et 2024, met en lumière une tendance claire et préoccupante. Près de la moitié des Japonais atteignent l’âge de 25 ans sans aucune expérience sexuelle, et environ 10 % d’entre eux restent vierges à 30 ans. Même pour ceux qui ont déjà entamé leur vie sexuelle, l’activité est remarquablement faible : les données des années 2020 montrent que près de la moitié des adultes âgés de 20 à 49 ans n’ont eu aucune relation sexuelle au cours de l’année précédente.
Pour mieux saisir l’ampleur de cette évolution, il est utile de comparer ces chiffres. En 2002, un peu plus d’un tiers des jeunes déclaraient ne pas avoir de vie sexuelle active. Aujourd’hui, les projections suggèrent que ce pourcentage pourrait atteindre 60 % chez les hommes et 51 % chez les femmes. Ce déclin marque un changement profond dans la société japonaise.

Anime, Fictoexualité et Vie Professionnelle : Les Multiples Facteurs
Bien qu’il n’y ait pas une cause unique à ce phénomène, l’étude met en évidence la « fictoexualité », définie comme l’attirance envers des personnages fictifs. Une enquête de 2017 a révélé qu’entre 14 % et 17 % des jeunes avaient développé des sentiments romantiques pour des personnages de jeux vidéo ou d’anime. Cependant, il est crucial de noter que cette fictoexualité n’est qu’un facteur parmi d’autres, et sans doute un facteur mineur, dans la complexité de la situation de la sexualité au Japon.
Le véritable obstacle semble résider dans l’environnement de travail exigeant qui caractérise le Japon. Avec 30 % des hommes et 15 % des femmes travaillant plus de 50 heures par semaine, le temps et l’énergie disponibles pour les rencontres et les relations amoureuses sont considérablement réduits. De plus, beaucoup perçoivent les relations comme « coûteuses » et peu avantageuses si elles ne débouchent pas sur un mariage. Or, l’institution du mariage elle-même perd de son attrait, notamment auprès des femmes, en raison des attentes souvent déséquilibrées en matière de tâches domestiques.
Le Japon, un miroir pour le monde ?
Pour des experts comme la docteure Vanessa Apea, la situation observée au Japon pourrait bien être un signe précurseur de changements globaux. Ces évolutions seraient alimentées par une insécurité économique croissante et par l’émergence de nouvelles formes de relations, de plus en plus médiatisées par la technologie.
Pensez-vous que votre passion pour votre « waifu » ou votre « husbando » pourrait un jour vous empêcher d’avoir une relation réelle, ou s’agit-il d’une exagération propre à une culture spécifique ?
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