Imaginez être considéré comme le « parrain » d’un genre mondial et, en réalité, ne même pas l’apprécier. C’est exactement ce qui vient de se produire avec une légende de l’anime. Lors d’une récente interview qui a fait l’effet d’une douche froide pour de nombreux fans, il a été révélé que Mamoru Oshii n’aime pas le cyberpunk — ou du moins, y est totalement indifférent —, qualifiant son association avec ce style de gigantesque « malentendu » historique répété depuis des décennies.

Le réalisateur de l’œuvre magistrale de 1995, Ghost in the Shell, a confessé n’avoir jamais eu l’intention de créer une œuvre cyberpunk. Pour lui, cette étiquette lui a été apposée par les critiques et le public, ses véritables préférences se portant davantage vers les récits spatiaux et la fiction hard-boiled. Il a même précisé que, bien que les cyborgs soient souvent associés au genre, il s’agit pour lui de concepts distincts : il a dirigé le film en pensant à la philosophie du corps, et non aux néons et à la pluie acide caractéristiques du cyberpunk.
Mamoru Oshii : Un Malentendu Cyberpunk de Décennies
Cette déclaration surprenante déconstruit une perception ancrée chez des millions de cinéphiles et d’amateurs d’anime. Alors que Ghost in the Shell est souvent cité comme une référence incontournable du genre cyberpunk, Mamoru Oshii insiste sur le fait que son intention première était d’explorer des thèmes existentiels et philosophiques liés à l’identité et à la conscience dans un corps artificiel, plutôt que de s’attarder sur les conventions esthétiques ou narratives du cyberpunk.

De Night City au Commonwealth : L’Étonnante Passion de Mamoru Oshii pour Fallout 4
Loin de se contenter de nier son intérêt, Mamoru Oshii a développé sa pensée, expliquant que le genre ne « stimule pas son imagination » parce qu’il n’a « pas le désir de vivre dans un monde qui ressemble à une décharge ». Bien qu’il comprenne que cette esthétique de criminels et de technologie sale puisse séduire les jeunes, il la trouve, pour sa part, dénuée de sens. Cependant, ce qui a véritablement laissé tout le monde sous le choc, c’est la comparaison qu’il a utilisée pour justifier sa position : son obsession pour les jeux vidéo.
Le réalisateur anime a révélé une information inattendue : il a accumulé plus de 10 000 heures de jeu sur Fallout 4. Selon sa logique, dans le monde post-apocalyptique de Bethesda, la violence des personnages est motivée par la pure nécessité de survie, un aspect qu’il respecte narrativement. En revanche, dans le cyberpunk, il a le sentiment que les personnages sont des criminels « simplement parce qu’ils aiment ça », et ce manque de justification est ce qui lui fait perdre tout intérêt.

L’Héritage Indéniable d’un Visionnaire Malgré Tout
Mamoru Oshii demeure l’une des figures les plus influentes de l’animation japonaise. Son adaptation de Ghost in the Shell (1995) n’a pas seulement défini l’esthétique de la science-fiction moderne, mais a également servi d’inspiration visuelle directe aux sœurs Wachowski pour la création de The Matrix. Il est ironique que l’homme qui a visualisé l’avenir numérique le plus emblématique du cinéma préfère passer ses journées à éliminer des mutants dans le désert radioactif plutôt qu’à explorer une Night City qu’il a pourtant contribué à inspirer.
Cette révélation nous pousse à nous interroger sur la manière dont les œuvres sont perçues et catégorisées, parfois au-delà de l’intention de leurs créateurs. Les étiquettes peuvent-elles réellement circonscrire l’essence d’une vision artistique aussi complexe que celle de Mamoru Oshii ?
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