
Les salles de cinéma ont vibré, remplies de fans dévoués, mais l’Académie des Oscars a choisi de les ignorer. L’année dernière a clairement montré que le snobisme des Oscars envers l’anime est de plus en plus flagrant face aux chiffres impressionnants du box-office. Des titres majeurs comme Demon Slayer: Kimetsu no Yaiba Infinity Castle et Chainsaw Man – The Movie: Reze Arc n’ont pas reçu d’invitation à la plus grande célébration de l’industrie cinématographique hollywoodienne. La réaction en ligne fut instantanée : mèmes, colère et une confirmation amère que, pour de nombreux votants occidentaux, l’animation demeure un genre enfantin, loin d’être considéré comme un médium cinématographique sérieux.
Malgré le fait que Chainsaw Man ait dominé le box-office nord-américain lors de son week-end de sortie et se soit hissé à la première place du classement annuel 2025 de Letterboxd, une plateforme prisée des cinéphiles, l’Académie a clairement indiqué que l’engouement sur internet ne se traduit pas en votes sans une campagne de lobbying traditionnelle en coulisses.

Le Snobisme des Oscars envers l’Anime : Une Liste de Nominés Révélatrice
La sélection de cette année pour la catégorie « Meilleur Film d’Animation » met en lumière le problème persistant de la « table des enfants » à Hollywood. Avec seulement cinq places disponibles, les productions japonaises au ton shonen ou plus mature ont été écartées au profit de titres plus conventionnels. Les nominés étaient :
- Arco.
- Elio (Pixar/Disney).
- KPop Demon Hunters (Sony).
- Little Amélie or the Character of Rain.
- Zootopia 2 (Disney).
Pourquoi l’Anime est-il Éligible mais Ignoré ?
Il est crucial de clarifier deux points souvent confondus dans les discussions en ligne. Premièrement : oui, les films d’animation japonais étaient éligibles. Demon Slayer et Chainsaw Man figuraient tous deux sur la liste officielle de l’Académie et répondaient aux exigences de diffusion. Le problème réside dans le système de vote lui-même.
La catégorie de l’animation est « facultative » pour les membres de l’Académie, qui doivent remplir des critères de visionnage spécifiques. C’est là que l’Oscar anime rencontre un obstacle : ces films arrivent avec une base de fans solide qui garantit leur succès au box-office, mais ils manquent des campagnes agressives de « For Your Consideration » (projections privées, dîners, narratifs industriels) nécessaires pour qu’un votant hollywoodien moyen prenne le temps de regarder un film potentiellement violent, sérialisé et émotionnellement dense.

L’Impact Culturel de l’Anime et le Débat sur sa Reconnaissance
Le conflit dépasse un simple affront annuel ; c’est un véritable choc culturel. Alors que l’industrie cinématographique débat de l’avenir des salles de cinéma, l’anime s’est avéré être une bouée de sauvetage, attirant massivement le public dans les fauteuils. Cependant, le contenu d’œuvres comme Chainsaw Man ou Kimetsu no Yaiba — qui exigent une certaine « alphabétisation otaku » et n’hésitent pas devant la violence graphique — reste difficile à vendre à un corps de votants qui, par défaut, associe les « dessins animés » au divertissement familial. La question demeure : l’Académie des Oscars a-t-elle besoin d’une catégorie exclusive pour l’anime, ou a-t-elle simplement perdu de sa pertinence face à l’évolution des goûts mondiaux ?
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