L’exode des grands artistes japonais de la plateforme X (anciennement Twitter) semble prendre de l’ampleur. Seulement deux jours après l’annonce retentissante de Boichi, le talentueux auteur de Dr. Stone, concernant son retrait visuel de la plateforme, une autre figure majeure de l’industrie se joint à ce mouvement. Kei Urana, la mangaka acclamée derrière le succès de Gachiakuta, a confirmé le 26 décembre qu’elle cessera également de publier ses illustrations sur X. La raison ? Les nouvelles politiques d’intégration de l’intelligence artificielle qui suscitent une vive inquiétude au sein de la communauté artistique.

Kei Urana : « X semble aller de mal en pis »
La créatrice de Gachiakuta n’a pas mâché ses mots. Dans une déclaration récente, Kei Urana a exprimé son profond mécontentement quant à l’orientation actuelle du réseau social. « X semble aller de mal en pis », a-t-elle affirmé, avant d’ajouter : « À partir de maintenant, je publierai principalement mon art sur Instagram. » Cette décision marque un tournant significatif et reflète une frustration grandissante parmi les créateurs de contenu visuel face aux évolutions de la plateforme.

La polémique du « Bouton d’édition » par IA
Au cœur de cette controverse se trouve l’implémentation d’une fonctionnalité permettant aux utilisateurs de modifier ou d’éditer des images directement sur la plateforme, en utilisant des outils basés sur l’Intelligence Artificielle. Pour des artistes de renom comme Kei Urana et Boichi, cette nouveauté représente bien plus qu’une simple fonctionnalité. Elle est perçue comme un manque flagrant de respect envers l’intégrité de leurs œuvres et une potentielle violation de leurs droits en tant que créateurs. La possibilité que leurs illustrations soient altérées sans leur consentement soulève des questions fondamentales sur la propriété intellectuelle et le contrôle artistique.

Ce qui a débuté avec l’annonce de Boichi le 24 décembre dernier est en train de se transformer rapidement en un véritable mouvement de protection artistique. Les créateurs préfèrent désormais migrer vers des plateformes alternatives comme Instagram plutôt que de tolérer que leur travail soit potentiellement manipulé ou modifié sans leur accord explicite. Cette vague de départs met en lumière les tensions croissantes entre les avancées technologiques de l’IA et les préoccupations légitimes des artistes concernant leurs droits d’auteur et l’intégrité de leur expression créative.
Face à ces départs marquants, la question se pose : de nombreux autres mangakas et artistes suivront-ils l’exemple de Kei Urana et Boichi, abandonnant X définitivement au profit de plateformes plus respectueuses de leur travail ? L’avenir de la relation entre les créateurs et les réseaux sociaux, à l’ère de l’IA, est plus incertain que jamais.
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