
Neon Genesis Evangelion n’est pas qu’une simple histoire de robots géants ; c’est un véritable traité sur la dépression et la solitude. Trois décennies après son retentissant impact culturel, un consensus émerge au sein de la communauté des fans : la narration de Hideaki Anno s’est montrée inutilement cruelle envers certains de ses protagonistes. Une analyse approfondie révèle comment l’auteur a délibérément refusé à ces personnages d’Evangelion le final heureux qu’ils méritaient légitimement après tant de souffrance.
Les 5 personnages d’Evangelion sans fin heureuse : des destins brisés
Nous allons explorer les récits de ceux qui ont porté le poids du monde sur leurs épaules et ont reçu en retour les dénouements les plus déchirants de la franchise. Ces personnages d’Evangelion ont vu leur final heureux s’éloigner inexorablement, victimes d’une cruauté narrative implacable.
1. Misato Katsuragi : La capitaine brisée de l’intérieur
Connue pour sa joie de vivre et son pingouin Pen Pen, Misato incarne l’une des figures les plus tragiques de la série. Prise au piège entre son devoir au sein du NERV et son rôle de mère de substitution, elle a vécu dans une contradiction permanente. Son dénouement dans The End of Evangelion est déchirant : elle meurt exsangue, avec le sentiment d’avoir échoué à protéger Shinji. Son fameux « baiser d’adulte » final n’est pas un geste romantique, mais plutôt l’acte désespéré et toxique d’une femme incapable d’exprimer son affection sans franchir les limites.

2. Ryoji Kaji : Le héros méconnu sans reconnaissance
Dans un monde d’adultes brisés, Kaji fut la seule figure paternelle réellement fonctionnelle. Il a réussi à démêler les secrets du Projet de Complémentarité de l’Homme, mais la série lui a refusé même un adieu digne. Assassiné hors champ par un agresseur anonyme, il est mort seul et sans reconnaissance. Même son sacrifice dans les films Rebuild le maintient éloigné de Misato et de leur fils, laissant un vide irremplaçable et une absence cruelle.

3. Asuka Langley Soryu : Une spirale de torture physique et psychologique
Si Shinji représente la paralysie, Asuka symbolise l’autodestruction. Son histoire est une spirale descendante profondément injuste. Après avoir fondé son identité sur le pilotage de l’EVA-02 et perdu cette capacité, la série la plonge dans une dépression abyssale. Son « moment de gloire » contre les EVA de Production en Masse se solde par un massacre viscéral, où elle est déchiquetée vivante, juste au moment où elle retrouvait sa volonté de vivre. Une fin cruelle qui nie tout espoir de final heureux pour ce personnage d’Evangelion.

4. Toji Suzuhara : Le dommage collatéral oublié du destin
Toji prouve qu’approcher les Ikari est une véritable condamnation à mort. Sa sélection en tant que « Quatrième Enfant » fut brutalement interrompue par la cruauté narrative : la possession de l’EVA-03 par Bardiel et sa destruction par le biais du Dummy Plug fut un coup de maître sadique, le laissant mutilé et oublié par l’intrigue, transformé en simple combustible pour le traumatisme de Shinji. Un destin tragique pour un personnage d’Evangelion qui méritait mieux.

5. Yui Ikari : Dépossédée de son humanité et de sa fin heureuse
Le destin de la mère de Shinji est existentiellement perturbant. Yui n’est pas simplement morte ; elle est devenue un concept. Piégée au cœur de l’EVA-01, sa mémoire a été profanée par Gendo à travers des clones vides (Rei). Même dans les finales où elle « triomphe » en protégeant Shinji, elle le fait en tant qu’entité divine flottant éternellement dans l’espace, privée à jamais de la chaleur humaine et de la vie pour laquelle elle s’est sacrifiée. Un final heureux lui a été refusé, la transformant en un symbole éternel de sacrifice.

Bien que le chef-d’œuvre d’Anno soit construit sur l’exploration de l’abîme humain, il est difficile de ne pas ressentir que le destin aurait dû être plus clément envers ces personnages d’Evangelion. Pensez-vous que la série aurait eu le même impact si l’un d’entre eux avait connu une fin plus heureuse ?
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