La frontière est parfois ténue entre une performance artistique mémorable et un incident diplomatique. En Chine, cette ligne semble avoir été franchie à toute vitesse lors d’un événement dédié à la culture pop. Ce qui aurait dû être un simple hommage à l’univers de Death Note s’est transformé en un véritable scandale international, ravivant les tensions entre la Chine et le Japon. Un cosplayer a en effet utilisé le célèbre carnet de Ryuk pour « condamner à mort » symboliquement une figure politique japonaise, laissant internet entre stupéfaction et malaise.

L’Incident de Chengdu : Quand le Cosplay Death Note Devient Politique
Les faits se sont déroulés durant la Worldline Convention de Chengdu, un événement majeur pour les passionnés de culture pop. Trois cosplayers, incarnant de manière impressionnante Light Yagami, L et Misa Amane, montent sur scène pour une reconstitution classique de la série. Jusqu’ici, rien d’anormal. Le moment de bascule survient lorsque Light Yagami, avec une théâtralité palpable, sort son stylo pour écrire un nom dans le cahier : celui de Sanae Takaichi, l’actuelle Ministre d’État pour la Sécurité Économique du Japon. La foule, loin de réagir avec retenue, explose en applaudissements et acclamations, célébrant cette « exécution » fictive.
Pour bien comprendre la portée de cet acte, il est essentiel de connaître le contexte. Sanae Takaichi est une figure politique japonaise connue pour ses positions fermes et ses frictions régulières avec le gouvernement chinois, notamment en raison de ses déclarations en faveur de Taïwan. Ces prises de position ont déjà conduit à des appels au boycott de produits japonais en Chine. L’ironie et l’hypocrisie de la situation n’ont pas échappé à de nombreux observateurs : célébrer l’anime et le manga, des piliers de la culture japonaise, tout en utilisant cette même culture pour attaquer ouvertement un de ses leaders. La vidéo de ce cosplay Death Note est devenue virale, cumulant plus de 1,1 million de vues et transformant les sections de commentaires en un champ de bataille entre nationalistes et fans appelant à séparer la politique du fandom.
Les Tensions Chine-Japon et l’Ironie de Death Note
Il est particulièrement frappant que Death Note ait été l’œuvre choisie pour cet incident. Le manga culte de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata explore précisément les dangers du pouvoir absolu et la folie de ceux qui se prennent pour des dieux. Ce n’est d’ailleurs pas un événement isolé ; ces derniers temps, plusieurs conventions en Chine ont interdit des cosplays issus de séries comme My Hero Academia ou Détective Conan, les jugeant « inappropriés » en raison des tensions politiques. Il semble que la relation entre les deux pays soit si tendue que même les passionnés ne peuvent plus profiter de leurs univers favoris sans que la géopolitique ne s’invite dans la fête.
Cet incident soulève une question fondamentale : est-il légitime de mêler politique et cosplay, ou cette fois, la ligne rouge a-t-elle été clairement franchie ? Le débat est ouvert, et les opinions divergent quant à la responsabilité des organisateurs et des participants dans de tels contextes.
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