Si vous pensiez que Sailor Moon était l’archétype même de l’anime de filles magiques, préparez-vous à une révélation qui pourrait bien chambouler votre perception de l’animation japonaise. Le célèbre réalisateur Kunihiko Ikuhara, figure emblématique derrière des œuvres cultes, a récemment semé le trouble en niant catégoriquement que ses créations, y compris l’incontournable Sailor Moon, appartiennent au genre des « magical girl ». Une affirmation surprenante qui relance le débat sur la classification des animes et invite à reconsidérer des décennies de consensus.

Les révélations d’Ikuhara : Pourquoi Sailor Moon n’est pas un Magical Girl
Lors de son podcast « Ikuni to Unmei no Cinema Snack », Kunihiko Ikuhara a exprimé son agacement face à l’étiquette de « spécialiste des petites sorcières » que l’industrie lui a souvent attribuée. Selon lui, cette classification est une simplification grossière qui méconnaît les véritables racines de ses œuvres. Pour comprendre son point de vue, il faut revenir à la définition originelle du genre.
Ikuhara explique que le concept de « Magical Girl » (ou « Majokko ») est né au Japon, inspiré par des sitcoms américaines comme Ma sorcière bien-aimée (Bewitched). Ces séries mettaient en scène des héroïnes utilisant la magie pour résoudre des problèmes du quotidien de manière légère et souvent humoristique, comme Sally la petite sorcière. Or, ses propres créations s’inscrivent dans une toute autre dynamique.

Pour le réalisateur, Sailor Moon n’est pas une « Magical Girl » mais relève plutôt du genre « Henshin Hero ». Il établit un parallèle clair avec des séries de tokusatsu comme Kamen Rider ou Super Sentai (connus en Occident sous le nom de Power Rangers). Les Sailor Scouts, avec leurs transformations spectaculaires et leurs combats contre le mal, s’inscrivent davantage dans cette tradition de héros se métamorphosant pour affronter des menaces physiques, plutôt que d’utiliser des pouvoirs magiques pour des situations de la vie courante. « C’est une généralisation assez grossière de dire que je fais des animes de filles magiques », a-t-il affirmé.
De même, des œuvres comme Utena, la fillette révolutionnaire, bien qu’abordant des thèmes liés à la sorcellerie, ne sont pas considérées par Ikuhara comme de simples « Magical Girl ». Il les voit plutôt comme des déconstructions plus sombres et complexes du genre. Il reconnaît cependant l’attrait fondamental du genre : la fantaisie du pouvoir, une idée révolutionnaire pour les jeunes filles dans les années 60 et 70, leur offrant la possibilité d’être des héroïnes à la manière de Superman.

Qui est Kunihiko Ikuhara, le maître des genres ?
Kunihiko Ikuhara est un nom qui résonne dans le monde de l’animation japonaise pour son approche unique et souvent avant-gardiste. Connu pour son style visuel surréaliste, ses récits symboliques et ses thèmes psychologiques profonds, il a dirigé des œuvres marquantes telles que Mawaru Penguindrum et Yuri Kuma Arashi. Son travail a toujours flirté avec les limites des genres établis, les interrogeant et les réinventant.
Son refus de voir Sailor Moon catégorisé comme un simple « Magical Girl » n’est pas anodin. Il souligne une volonté de précision et une compréhension nuancée de l’évolution des genres dans l’animation. Pour Ikuhara, la distinction entre une « fille magique » traditionnelle et une « Henshin Hero » est cruciale, car elle modifie fondamentalement la lecture et l’appréciation de ces classiques.
Cette déclaration de Kunihiko Ikuhara force les fans et les critiques à réévaluer la manière dont ils classifient et perçoivent des œuvres aussi emblématiques que Sailor Moon. Est-ce une simple question de terminologie ou une distinction essentielle qui éclaire sous un nouveau jour l’héritage de ces animes ? Une chose est certaine : le débat est lancé. Et vous, êtes-vous d’accord avec Ikuhara, ou Sailor Moon restera-t-il à jamais un anime de filles magiques dans votre cœur ?
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