Si vous pensiez que le concept de Kanojo, Okarishimasu (Rent-a-Girlfriend) était une pure fantaisie, préparez-vous à voir la réalité dépasser la fiction. En Chine, une nouvelle tendance fait fureur, suscitant un débat passionné : des jeunes femmes dépensent des fortunes pour participer à des jeux de rôle avec des copains de location. Elles paient non seulement pour que de beaux jeunes hommes animent la partie, mais aussi pour qu’ils incarnent leurs « maris » ou « petits amis » dévoués pendant des heures. Ce phénomène, qui mêle immersion ludique et quête émotionnelle, redéfinit les frontières du divertissement et de l’affection.
Ce phénomène est une évolution des célèbres « Jubensha », des jeux de rôle immersifs où les participants résolvent généralement un mystère, souvent un meurtre. Mais ici, la donne change radicalement : dans la variante émotionnelle, baptisée « liàn pèi běn », l’objectif n’est plus seulement de démasquer un coupable, mais de vivre une véritable histoire d’amour digne d’une télénovela. Le maître de jeu se transforme en votre « partenaire destiné », récitant des serments d’amour éternel, vous protégeant des dangers imaginaires et allant même jusqu’à vous porter dans ses bras, tel un prince charmant, si le scénario l’exige. C’est, en somme, l’expérience d’un Otome Game grandeur nature.

Le modèle économique des copains de location en jeux de rôle
Loin d’être une simple distraction, ce service est une industrie florissante où la validation émotionnelle a un prix bien défini. Les sessions standards varient généralement entre 42 et 98 dollars. Cependant, si une cliente souhaite être servie par le plus charismatique des animateurs, ou bénéficier d’une salle privée VIP, la facture peut grimper en flèche, atteignant parfois jusqu’à 3 500 dollars. La demande est si intense que les meilleurs « copains acteurs » peuvent empocher entre 1 400 et 5 600 dollars par mois, simplement en cultivant le charme et l’illusion.
Voici les points clés de cette économie du charme masculin :
- Le Service : Des sessions de 8 à 10 heures où le maître de jeu incarne le partenaire idéal (protecteur, ami d’enfance, etc.), suivant un scénario romantique prédéfini.
- Le « Fanservice » : Inclut des contacts physiques légers et consensuels : se tenir la main, étreintes, et même des baisers sur la joue, pour renforcer l’immersion.
- La Clientèle : Principalement des femmes urbaines âgées de 20 à 30 ans, souvent lassées ou déçues par les complexités des rencontres modernes.
- Les Risques : Des rapports signalent déjà des joueuses développant une obsession, harcelant les maîtres de jeu via WeChat ou dépensant toutes leurs économies pour revivre le même scénario, dans l’espoir de ressentir un amour qui, en réalité, n’est qu’une performance.

Le débat : amour véritable ou simple marchandise ?
Les sociologues analysent cette tendance comme une forme d' »essai romantique sécurisé » dans une société chinoise où les relations réelles sont souvent semées d’embûches et de pressions sociales intenses. Une joueuse expérimentée a confié que d’entendre son maître de jeu lui dire « heureusement, je t’ai protégée » comblait un vide émotionnel que sa vie quotidienne ne parvenait pas à remplir. Cependant, les critiques sont déjà virulentes, accusant cette industrie de capitaliser sur la solitude et de créer une « économie du charme masculin » qui brouille dangereusement la frontière entre la fantaisie et la réalité.
C’est un sujet délicat. D’un côté, il s’agit d’un divertissement consensuel, rappelant les Host Clubs ou Maid Cafés japonais ; de l’autre, on paie pour une illusion d’affection qui s’évanouit dès que le temps imparti est écoulé. Seriez-vous prêt à débourser une telle somme pour vivre une histoire d’amour parfaite de 8 heures, tout en sachant que ce n’est qu’une performance scénarisée ?
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